Japon : coups de cœur, coups de gueule, regrets…

Dans cet article, je vais te parler de mes coups de cœur au Japon, mais aussi des choses que j’ai moins aimées. Je te confierai certains de mes regrets. Et pour que ce billet soit tout à fait complet, je te ferai également part de mes coups de gueule.

En bref : voici le bilan de ma courte immersion de deux semaines au pays du Soleil levant. Tu es prêt(e) ?

Mes 8 coups de cœur

☑️ Le quartier de Shinjuku à Tōkyō, la nuit tombée : Cette sensation grisante d’être “Lost in translation” au milieu d’une débauche de gratte-ciels et de néons, dans un décor digne d’un film de science-fiction ! Et la surprise d’y trouver, à quelques pas, des dédales de petites ruelles d’où émane le fumet délicieux des cuisines

☑️ Les temples et jardins de Kyōto : Le paroxysme de l’esthétique japonaise. A chaque temple et jardin sa singularité et son caractère, mais un même point commun : l’expérience d’une élégance, d’une sobriété et d’un raffinement exquis. Mention spéciale pour le Shōren-in et les petits temples d’Arashiyama.

☑️ Le cimetière Okuno-in, sur le Mont Kōya : Sous une immense forêt, un lieu empreint de spiritualité, de magie et de mystère, chargé d’énergies. La Nature y a libre cours, recouvrant progressivement les pierres tombales de mousse et de silence. Tout, dans ce cimetière, semble avoir une âme et murmurer des secrets… 

☑️ La démonstration de tir à l’arc sur cheval au galop (yabusame) à Kamakura : Ce rituel ancestral, très codifié, est également une époustouflante prouesse sportive. Voir les cavaliers s’élancer et, dans leur course, essayer de viser une cible minuscule… Un spectacle impressionnant qui m’a beaucoup marquée.

☑️ L’île de Miyajima : Comme un air de vacances, doublé d’un sentiment de plénitude… A Miyajima, entre mer, plages et montagnes, j’ai terminé mon séjour de la plus douce des façons. L’île, connue pour son sublime torii flottant, regorge de bien d’autres trésors, comme le temple Daishō-in, petite pépite aux mille détails !

☑️ Les Alpes japonaises : 3 jours de pur bonheur entre Kanazawa et Takayama ! Projetée dans une ambiance d’antan, entourée de maisons traditionnelles en bois, de cerisiers en fleurs et de kimonos éclatants. La joyeuse expérience du festival du printemps de Takayama est venue compléter ce tableau idyllique.

☑️ La sublimissime gastronomie japonaise : D’une incroyable diversité et d’un raffinement extrême, elle m’a transportée au 7è ciel. Sushis, ramen, tempura, gyoza, nouilles soba, yakitoritakoyaki, okonomiyaki, cuisine kaiseki, cuisine végétalienne bouddhiste… Toutes ces merveilles gustatives me manquent terriblement !

☑️ L’incroyable serviabilité des Japonais : Partout où je suis allée sur l’archipel, j’ai été ébahie par la gentillesse et la serviabilité des Japonais. Toujours prêts à m’aider quand je m’étais perdue, au point même de m’accompagner jusqu’à l’endroit que je cherchais ! Ce dévouement, très ancré dans leur culture, m’a touchée.

Mes 5 déceptions (relatives)

Ma nuit dans un temple bouddhiste du Mont Kōya : J’étais enthousiaste à l’idée de vivre un authentique moment de spiritualité à l’écart du monde. Malheureusement, les temples du Mont Kōya attirent désormais de nombreux touristes étrangers, ce qui rend l’expérience plutôt artificielle et décevante.

❌ L’annulation des illuminations de nuit du festival du printemps de Takayama : J’en avais rêvé avant de partir. Le soir du 14 avril, les yatai (chars) s’illuminent de milliers de lanternes, pour un spectacle magique… Sauf que cette année, à cause de la météo, il a dû être annulé au dernier moment, me laissant très déçue.

❌ L’affluence à Kyōto :  Certaines visites étaient un peu gâchées par l’afflux de touristes. Le quartier de Gion, la forêt de bambous de Sagano ou certains temples (Pavillon d’or, Kiyomizu-dera, Fushimi Inari-taisha…) sont clairement victimes de leur succès. La sérénité qu’ils dégagent était, dès lors, difficile à savourer.

❌ Le village de Shirakawa-gō : Là encore, la déferlante de touristes altère la découverte de ce charmant village aux toits de chaume. J’aurais aimé profiter tranquillement de cet endroit dépaysant, entre campagne et montagnes, sans être dérangée par des voix criardes et la concurrence des perches à selfie

❌ Le quartier de Meguro à Tōkyō : Je n’ai pas été particulièrement emballée par ce coin de Tōkyō. Je n’y ai pas retrouvé l’ambiance de ces belles photos de cerisiers en fleurs le long du canal. Je ne devais pas y être à l’apogée de leur floraison, ni au bon moment de la journée. Tant pis ! 🙂

Mes 8 grands regrets

⏮ Le manque de temps à Tōkyō : Si c’était à refaire, nul doute que je passerais au moins une semaine dans la capitale ! Soyons clairs : 3 jours, c’est beaucoup trop court pour une mégalopole aussi gigantesque et aussi riche. J’ai voulu tout voir, et mon séjour a rimé avec “marathon”. Une erreur que je dois à mon goût très modéré pour la ville et les milieux urbains. Sauf que Tōkyō, par ses contrastes, a réussi à me surprendre, à me séduire, et à me faire changer d’avis.

⏮ Les châteaux : Himeji le héron blanc, Matsumoto le corbeau noir… Ces châteaux anciens et magnifiquement préservés, trésors culturels du Japon, n’ont hélas pas trouvé leur place dans le planning serré de mon voyage de deux semaines. Il a fallu faire des choix douloureux, et c’est à grand regret que j’ai fait une croix dessus. Alors si je retourne un jour sur l’île de Honshū, ils seront probablement au programme de mes découvertes !

⏮ Avoir renoncé à certains spectacles témoignant du patrimoine culturel nippon : Comme j’aurais aimé assister à un tournoi de sumo, ou encore à des spectacles de théâtre kabuki ou nō ! J’ai eu la chance d’étancher un peu cette soif de culture japonaise quelques mois après mon retour, grâce à une programmation spéciale de la Philharmonie de Paris. Mais cela ne remplace pas l’expérience in situ… prétexte à un prochain séjour au Japon !

Ne pas être restée plus longtemps sur l’île de Miyajima : Son ambiance balnéaire et décontractée a agi comme un charme sur moi… Une expérience plus longue et immersive m’aurait permis de goûter davantage à la beauté et à la sérénité du soleil couchant sur la plage, en compagnie des cerfs, des aigles et des hérons. Et de tenter l’expérience de plusieurs nuits dans une auberge traditionnelle japonaise (ryokan), dont certaines sont réputées très luxueuses.

⏮ Les bains thermaux japonais (onsen) en pleine nature : J’ai testé à deux reprises le sento, bain public japonais, où la nudité est de mise. Toute une expérience ! Mais je rêve de tester un jour les onsen, dont la différence est d’utiliser des eaux chaudes thermales issues de sources volcaniques. Et la plupart du temps, on en profite en extérieur, dans un cadre naturel privilégié. Par exemple à Jigokudani, où les macaques y paressent également, au comble du bonheur…

⏮ Randonner sur les chemins de pèlerinage de Kumano Kodō : Prendre le temps de marcher le long des sentiers sacrés de ce site merveilleux et reculé, l’un des plus vénérés du Japon… voici incontestablement un des grands regrets de mon séjour ! Mais il faut compter plusieurs jours pour s’y rendre et s’imprégner de la spiritualité des lieux et de la Nature omniprésente (épaisse forêt de cèdres, chute d’eau majestueuse…). Un éloge à la lenteur et au retour à l’essentiel…

⏮ Le Japon hors des sentiers battus : Pour un premier séjour, j’ai choisi un circuit assez classique, avec des endroits très visités par les touristes étrangers. Mais il me tarde d’y retourner découvrir des sites moins connus, hors des sentiers battus, pour une plus grande immersion culturelle et une sensation de dépaysement encore plus prononcée. Je suis persuadée que l’archipel regorge de trésors méconnus ! Je crois que je pourrais y passer des mois…

⏮ Le fait de ne pas m’être assez documentée sur la civilisation et la culture nipponnes avant de partir : Elles sont extrêmement riches et éloignées de nos traditions occidentales. Je réalise à quel point je n’ai pas pris suffisamment de temps avant de partir pour me familiariser avec l’histoire et la culture du Japon, les usages et les rites de ses habitants. De ce fait, et aussi à cause de la barrière de la langue, je n’ai pas toujours tout compris à ce que j’ai vu ou entendu, notamment au cours des cérémonies religieuses, ce qui est dommage.

Mon coup de gueule

Il m’est arrivé un épisode un peu fâcheux à Takayama, le soir du festival du printemps (Sannō Matsuri). J’insiste d’emblée sur le fait que cet épisode, qui dénotait quelque peu avec le constat général de l’affabilité, de la serviabilité et du grand sens de l’écoute des Japonais, constitue un épisode isolé, probablement pas très représentatif. Mais je dois reconnaître qu’il a occasionné, sur le moment, pas mal de stress…

Ce soir-là, je devais prendre un train pour Toyama, où j’avais réservé la nuit dans un hôtel. Le train n’arrivait pas, et aucune information n’était donnée. Au bout d’un moment, on a appris que tous les trains en direction de Toyama étaient annulés pour la journée, compte tenu des conditions météo (beaucoup de vent !). Cette annonce m’a beaucoup inquiétée, car le festival attire de nombreux touristes et je savais que tous les hébergements à Takayama étaient complets. Je me demandais où j’allais bien pouvoir dormir cette nuit-là.

S’ensuit une très longue attente dans la gare, pendant laquelle je tente de me renseigner aux guichets. Je me heurte alors à une absence de communication totale. On me répond que personne ne sait s’il y aura un train ou non, qu’il faut patienter. Lorsque j’expose mon problème d’hébergement, le personnel de la gare n’en a cure et aucune solution ne m’est proposée. L’ambiance est pesante,  le manque de dialogue et de compréhension et la délivrance d’informations contradictoires suscitent un certain agacement. La fatigue n’aide pas…

Lorsqu’un train est annoncé pour Kanazawa, c’est le moment de prendre une décision rapide. Je n’ai aucune assurance, à ce moment-là, de pouvoir rallier ma destination finale. Heureusement, je peux compter sur l’hospitalité d’une Française adorable, avec laquelle je lie connaissance dans la gare, puis dans le train pour Kanazawa. Finalement, c’est in extremis que je saute dans un deuxième train, direction Toyama. J’y arrive à minuit passé, épuisée et un peu en colère contre le mutisme des agents au guichet et leur gestion chaotique des événements.

Bref, face à l’imprévu, il semble que les Japonais puissent également perdre leurs moyens, leur serviabilité et leur sourire 😉 Je ne croyais pas la chose possible, et pourtant… Ce n’est pas très grave, puisqu’au final, ce type de mésaventures ajoute du sel au voyage, devient une amusante anecdote à raconter au retour. Et puis cet épisode m’a permis, en l’occurrence, de faire la connaissance d’une très belle personne !

Par souci de justice envers ces Japonais qui m’ont globalement bluffée par leur attention délicate vis-à-vis de leur prochain, je me dois de te raconter comment, par contraste, la gaijin (l’étrangère) que je suis a été écoutée et entendue au guichet de la gare de Nikkō. Arrivée là-bas, on m’a indiqué que je devais payer mon billet de train, alors que les équipes de Japan Rail m’avaient assurée que le trajet était compris dans mon abonnement JR Pass. Le guichetier, extrêmement aimable, m’a expliqué que j’avais pris la Togu-Nikko line, qui n’est pas opérée par Japan Rail. Mais il a compris que j’avais été mal renseignée et a longuement échangé avec un de ses collègues pour voir si je pouvais récupérer les 2 000 yens dont je venais de m’acquitter. Grâce à son entremise, j’ai obtenu gain de cause alors que je n’y croyais pas… 

Voilà qui compense largement ma petite mésaventure à Takayama, qu’en penses-tu ?

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