Japon : inspirations cinéma

C’est probablement sur les grands écrans que le Japon s’exporte le mieux ! On pense en particulier au cinéma d’animation, mais il existe également de nombreux films japonais hautement recommandables.

Ici, je te partage mes coups de cœur cinéma en rapport avec le pays du Soleil levant, ainsi que tous les films que je meurs d’envie de voir ! Cette liste est tout à fait subjective, mais j’espère qu’elle te plaira et te donnera envie d’explorer, en particulier, toute la richesse de l’art cinématographique japonais 🙂

N’hésite pas à me faire part, à ton tour, de tes découvertes en la matière !

Cinéma d'animation :

Bon, je dois d’emblée t’avouer quelque chose : je ne suis pas une grande fan des anime violents. Tu n’en trouveras donc pas vraiment dans cette liste. Mais ça ne m’empêche pas d’être très friande des films d’animation japonais. Toi aussi ? Alors tu as probablement déjà regardé au moins un de ceux produits par le Studio Ghibli, en particulier les longs-métrages du grand…

HAYAO MIYAZAKI : Dessinateur, réalisateur, producteur, Miyazaki régale les petits comme les grands d’œuvres cinématographiques grandioses, dont l’énergie créatrice et les graphismes toujours somptueux forcent l’admiration. Parmi ses thématiques récurrentes : la nature, l’écologie, les relations humaines, la guerre, le voyage, l’enfance et l’adolescence… Le tout teinté d’introspection et d’onirisme

Si je ne devais en choisir qu’un ? Le Château ambulant (2004) (voir la bande annonce ci-après). Déjà parce qu’il est intensément beau, dans toutes ses dimensions. Et aussi parce qu’il parle de la crise identitaire et de la progressive quête de soi, de sa place parmi les autres. Et parce qu’il recèle une philosophie de la vie tout simple, mais probablement une des plus importantes : N’attends pas d’être vieux, diminué et rabougri pour vivre ta vie intensément. Prends-la en main, garde ton âme d’enfant et ne cesse jamais d’aller vers ta joie. 

Je te conseille également Le Voyage de Chihiro (2001), Princesse Mononoké (1997), Kiki la petite sorcière (1989), Mon Voisin Totoro (1988), Le Vent se lève (2013)…

ISAO TAKAHATA : Co-fondateur du Studio Ghibli avec Hayao Miyazaki, cet immense réalisateur a vu sa notoriété grandir à l’étranger avec son film d’animation Le Tombeau des lucioles (1988). J’étais très jeune lorsque j’ai vu ce chef d’œuvre pour la première fois, et il m’a traumatisée. Tiré d’une nouvelle d’Akiyuki Nosaka, c’est un film bouleversant de réalisme et de cruauté. Il met en scène le destin tragique de deux enfants livrés à eux-même durant l’été 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale déploie ses dernières atrocités. Si tu ne l’as pas encore vu, je te le recommande. Mais attention : tu n’en sortiras pas indemne…

Je conseille tout aussi chaudement deux autres longs-métrages du même réalisateur, tous deux excellents :

  • Souvenirs goutte à goutte (1991), un hymne à la nature, à l’humilité et la simplicité, introspectif à souhait. Un extrait : « Pour devenir papillon, une chenille devient chrysalide. Moi, je n’avais aucune envie de devenir chrysalide. Si je me rappelle si bien cette époque, c’est peut-être que le temps est revenu de devenir chrysalide ? Je me sens différente de l’époque où j’ai commencé à travailler. Nous pensions prendre notre envol. Mais, avec le recul, nous battions peut-être seulement des ailes de toutes nos forces. Celle que j’étais à 10 ans me conseille peut-être de faire le point et de tenter de prendre un nouvel envol. »
  • Le sublimissime Conte de la Princesse Kaguya (2013), dont l’histoire et les graphismes couleur pastel, esquissés au crayon et à l’aquarelle, sont d’une poésie et d’une délicatesse inouïes. Une petite pépite dont je te mets ici la bande annonce :

MAKOTO SHINKAI : Ce réalisateur doué a fait parler de lui avec Your Name (2016), l’histoire de deux ados qui se retrouvent, bien malgré eux, à échanger leurs corps deux ou trois jours par semaine. La sortie de son nouveau long-métrage, Les Enfants du temps (2019), une fable écologique sur fond de Tokyo désespérément pluvieux, était très attendue. Je n’ai pas vu le dernier, mais j’ai vraiment hâte de rattraper ce retard ! 

MAMORU HOSODA : Je me laisserais bien tenter par ses films d’animation, notamment Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012), Le Garçon et la Bête (2015) et Miraï, ma petite sœur (2018). Tu connais ? Surtout laisse-moi un commentaire pour me dire ce que tu en as pensé ! 🙂

Piano Forest (2007), réalisé par Masayuki Kojima : Ce film narre la rencontre de deux garçons que tout oppose, si ce n’est leur passion commune du piano. L’un d’eux dit posséder un piano brinquebalant, laissé à l’abandon dans une forêt. Une amie me l’a vivement recommandé, et la bande annonce confirme mon envie de le découvrir sans tarder !

Paprika (2006), réalisé par Satoshi Kon : Entre rêve, cauchemar et réalité, voici un film d’animation original et ambitieux. L’histoire ? Des personnes sans scrupules ont réussi à dérober des machines qui permettent de pénétrer dans l’inconscient et les rêves des autres. Ils vont ainsi chercher à les contrôler. Personnellement, c’est le genre de scénario qui aiguise immédiatement ma curiosité ! 

Si je devais rajouter encore deux anime à cette sélection : le mythique Ghost in the Shell (1995) de Mamoru Oshii, que j’ai vu et que je recommande ; et Akira (1988) de Katsuhiro Ōtomo, probablement à voir mais un peu trop violent pour moi… 

Autres films :

Là, je vais te parler des films japonais (ou sur le Japon) hors cinéma d’animation : ceux qui m’ont plu, ou ceux que je suis impatiente de visionner. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la liste est longue ! J’espère que tu y trouveras ton bonheur 😉 

Impossible de démarrer cette liste sans te parler du réalisateur le plus célèbre de toute l’histoire du cinéma japonais, j’ai nommé…

AKIRA KUROSAWA : Evidemment… Sa filmographie est tout à la fois prolifique et de haute volée, toujours caractérisée par une maîtrise et un perfectionnisme extrêmes. Dotés d’une esthétique hors pair, d’une profonde psychologie et d’une immense fibre humaniste, ses films lui ont assuré une influence d’une ampleur inégalée, et ce bien au-delà du Japon.

J’ai un peu honte de l’avouer mais je n’ai, pour l’instant, vu que Rashōmon (1950) et Les Sept Samouraïs (1954) (voir la bande annonce ci-après). Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque d’en regarder bien davantage : Chien enragé (1949), Vivre (1952), Le Château de l’araignée (1957), Yojimbo (Le Garde du corps) (1961), Entre le ciel et l’enfer (1963), Barberousse (1965), Ran (1985)…

KENJI MIZOGUCHI : Un des maîtres du cinéma japonais. Une ex-collègue m’a parlé de ses Contes de la lune vague après la pluie (1953). Le titre laisse déjà présager toute l’infinie poésie de ce film initiatique, dont la grande beauté esthétique est servie, tant par des compositions éblouissantes que des jeux de lumière subtils et délicats. Un scénario dense, aux accents fantastiques et oniriques, mais teinté également de noirceur. Après tout, il s’agit de montrer avec réalisme toute la crudité et l’absurdité de la guerre.

Tout ceci, et cette promesse d’allers-retours entre rêve et réalité, m’intriguent et me donnent envie de voir ce film et tant d’autres :  La Vengeance des 47 rōnin (1941), L’Intendant Sancho (1954), Les Amants crucifiés (1954), L’Impératrice Yang Kwei Fei (1955), La Rue de la honte (1956)…

YASUJIRO OZU : Les éloges que je lis sur cet immense cinéaste, du même acabit que Kurosawa ou Mizoguchi, me laissent songeuse… Des réalisations toujours épurées, raffinées, sans ostentation, qui se veulent le témoignage du temps qui passe et d’un Japon en perpétuelle transformation. Une manière toute japonaise de filmer, avec des travellings lents, une caméra placée très bas. Un propos humaniste, traversé du charme mélancolique des choses… et du vide.

De quoi me convaincre de me laisser happer très prochainement par son œuvre : Gosses de Tokyo (1932), Printemps tardif (1949), Le Goût du riz au thé vert (1952), Voyage à Tokyo (1953) (bande annonce ci-dessous), Bonjour (1959), Herbes flottantes (1959), Fin d’automne (1960), Le Goût du saké (1962)…

MASAKI KOBAYASHI : Montrer et dénoncer l’horreur de la guerre, c’est le leitmotiv principal de ce réalisateur et scénariste japonais, ancien soldat fait prisonnier pendant un an par les Américains durant la Seconde Guerre mondiale. Son œuvre majeure ? La Condition de l’homme (1959-1961), tel un écho au roman d’André Malraux. Cette trilogie de neuf heures est un véritable plaidoyer anti-militariste sur fond de Japon fasciste. Les critiques ne tarissent pas d’éloges à l’égard de ce film d’une incroyable beauté et puissance visuelles et narratives.

HIROKAZU KORE-EDA : Il y a longtemps, un peu par hasard, j’avais vu un de ses films : Still Walking (2008). Il m’avait laissé une impression lumineuse et sensible. Alors aujourd’hui, j‘aimerais en voir d’autres, comme After Life (1998),  Nobody Knows (2004) et Une affaire de famille (2018).

KIYOSHI KUROSAWA : Un autre Kurosawa mais, a priori, aucun lien de parenté ! Deux de ses films me font de l’œil : Vers l’autre rive (2015), Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, qui conte l’histoire d’une veuve qui voit un jour débarquer chez elle le fantôme de son mari… et Au bout du monde (2019), l’histoire d’une reporter japonaise entre Japon et Ouzbékistan, et dont cet article du journal Le Monde dit qu’il explore “le rapport de l’individu à ce qui lui est étranger” “dans un monde où les écrans et les préjugés oblitèrent tout rapport à l’autre”.

NAOMI KAWASE : Emotion et grâce, ce sont les mots qui reviennent pour qualifier l’œuvre de cette réalisatrice talentueuse. Son film Vers la lumière (2017), qui nous parle de l’expérience de la perte imminente (d’un proche, de la vue…) suscite ma curiosité.  Pour ne rien gâcher, la bande originale est d’Ibrahim Maalouf, génial trompettiste franco-libanais. Quant aux Délices de Tokyo (2015), il me tarde évidemment de découvrir cette adaptation d’un roman éponyme que j’ai beaucoup aimé, véritable hymne aux petits bonheurs simples de la vie.

Senses (2015), réalisé par Ryusuke Hamaguchi : Un portrait de la société japonaise d’aujourd’hui, en 5 épisodes. Rien que ça. Sous les projecteurs, le destin de 4 amies proches de la quarantaine, chacune avec sa sensibilité, chacune plongée dans une vie différente, chacune confrontée à son lot de désillusions. Dans leur recherche d’une façon de se réinventer, les inébranlables codes collectifs et le conditionnement social sont questionnés. Quel place pour l’individu, sa trajectoire de vie, ses révoltes intérieures et intimes, dans une société encore très figée par les traditions et le poids de l’ordre établi ? Autant te dire que je bous d’impatience à l’idée de visionner cette merveille.

Le Goût du thé (2004), réalisé par Katsuhito Ishii : Cette fois, voici une galerie de portraits de famille, apparemment un brin déjantée et fantaisiste ! Dans ce film, chaque personnage, haut en couleurs, papillonne autour d’un challenge personnel, pour aller au-delà de soi-même et oser croquer la vie à pleines dents. Je ne sais pas toi, mais moi, ce genre de film célébrant la différence, la folie douce et le goût de vivre, ça me donne très envie 🤗

Departures (2008), réalisé par Yōjirō Takita : Ce film, que j’ai très envie de regarder, a obtenu l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2009. Il met en scène un violoncelliste au chômage qui va décrocher un job de nokanshi : c’est la personne qui s’occupe de préparer le corps du défunt avant qu’il rejoigne son cercueil. Un tour de force que ce film qui parle d’une profession si mal estimée au Japon, et pourtant : la pudeur, le respect, l’infinie compassion qu’elle requiert, et l’apaisement qu’elle peut apporter… Le film semble évoquer beaucoup de sujets, au-delà de la mort : la famille, la mémoire, les non-dits, les blessures. Bref, je pense qu’il mérite d’être vu !

Lost in Translation (2003), réalisé par Sofia Coppola : La rencontre de deux Américains paumés dans un Tokyo dont ils ne maîtrisent ni la langue, ni la culture, ni les codes. Un film devenu culte pour tous ceux qui s’apprêtent à s’envoler pour le Japon ! D’ailleurs, une fois là-bas, on sourit de retrouver cette légère sensation de déboussolement et de vertige si bien décrite dans le film… Un bon moment de cinéma, servi par un Bill Murray et une Scarlett Johansson au top de leur forme 😊

Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima (2006), réalisés par Clint Eastwood : Ces deux films abordent un sujet beaucoup moins léger, celui de la bataille d’Iwo Jima, île située au large des Philippines. Ce conflit a, entre février et mars 1945, opposé Américains et Japonais en pleine guerre du Pacifique. Chaque film relate cet épisode tragique de l’Histoire, mais respectivement du point de vue des Américains / du point de vue des Japonais. Un témoignage essentiel sur l’héroïsme de ces hommes envoyés au combat, et sur la réalité de ce qui fut, in fine, un terrifiant massacre.

Entre autres films que j’aimerais voir également : Nuages flottants (1955), Quand une femme monte l’escalier (1960) et Une femme dans la tourmente (1964) du grand Mikio Naruse ; Contes cruels de la jeunesse (1960) de Nagisa Oshima ; La Rivière de boue (1981) de Kōhei Oguri ; L’Eté de Kikujiro (1999) de Takeshi Kitano. Hahaha, avec tout ce programme, je vais probablement devoir prendre des congés de plusieurs mois !

Voilà, j’arrête là côté cinéma… Et bien sûr, je t’invite à compléter cette dose d’inspiration en allant faire un tour sur mes suggestions musique et lectures 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *