Islande : inspirations musique, lectures et films

Ici, je te partage mes coups de coeur artistiques en rapport avec l’Islande ! Une sélection éminemment subjective dans laquelle tu pourras, je l’espère, piocher de belles inspirations 🙂

Surtout, fais-moi part de tes propres découvertes et sources d’inspiration sur l’Islande, je suis une boulimique de ce genre de choses !

Musiques :

Lorsqu’on parle de musique islandaise, tout le monde pense évidemment d’abord à…

BJÖRK : Sa voix extraordinairement puissante, sa tessiture vocale ahurissante et son génie créatif lui ont assuré un succès international largement mérité. Sais-tu qu’elle a eu une parenthèse jazz ? On la connaît moins dans ce registre, et pourtant… je trouve qu’elle y fait des merveilles. Si cela t’intéresse, je te conseille d’aller écouter l’album Gling-Gló. Sinon, la très célèbre chanson “Bachelorette a le don de m’envoyer très, très loin dans l’espace intergalactique !

EMILIANA TORRINI : Une chanteuse que j’adore ! Son timbre à la fois doux, légèrement râpeux et chatoyant ; sa façon de jongler avec les genres musicaux ; son univers décalé, feutré, introspectif, inclassable, dont on ne sait jamais si on en ressort profondément revigorée ou mélancolique… Si tu ne la connais pas encore, c’est le moment de la découvrir. Je te partage ici un extrait d’un de ses concerts (la chanson “Thinking Out Loud) avec The Colorist Orchestra et son pianiste un peu dingue 😅

KALEO : Un très chouette groupe de folk/pop/rock, que j’ai découvert en constituant une playlist pour notre road-trip. De jolies chansons, bien dans l’air du temps, la plupart en anglais. J’aime notamment “Save yourself” (le clip a été tourné à Fjallsárlón, souvenirs souvenirs…). Et surtout, cette pépite en islandais, “Vor í Vaglaskógi”, qui nous montre un bout d’Islande et de la vie là-bas :

[Paroles : La nuit est nôtre, dans la forêt des cieux
Nous nous dirigeons vers la lande avec notre tente, là où les baies poussent
Prenez-moi, chère amie, avec la gaieté d’autrefois
là où notre ruisseau est libre et le bouleau soufflera
Lumière dans les montagnes, parfum de nos plus chers fontaines
Le vent compose tes cheveux dans la lumière
La rosée apparait, notre vallée est balayée de paix
Nos rêves se réalisent, nous qui dormons dans la forêt des cieux
Sur le cœur de la baie, la dernière touche de lumière du soleil meurt
Et le calme est profond où les eaux silencieuses s’écoulent
Lumière dans les montagnes, parfum de nos plus chers fontaines
Le vent compose tes cheveux dans la lumière]

SAMARIS : Une musique électro savamment travaillée, délicieusement éthérée, aux accents  étranges et parfois dissonants, qui dévoilent de multiples influences. Je ne suis pas une grande fan de musique électronique, mais là j’aime, les sonorités viennent gratouiller quelque chose au fond de moi. Voici “Tibrá”, dont le trip-hop, à la fois planant et sous-marin, me transporte :

ÓLAFUR ARNALDS : Des mélodies doucement mélancoliques, mais traversées par l’espoir et d’une troublante sérénité. Parfois, quand le sommeil me manque, je me tourne vers Ólafur Arnalds, et mes yeux se ferment lentement. Mon coup de cœur, c’est l’album Island Songs et le morceau “Raddir”, la lancinance de ses violons et la pureté de ses voix :

Dans la catégorie “musique atmosphérique”, je n’oublie pas le génial groupe SIGUR RÓS. Son guitariste et chanteur principal, JÓN  ÞÓR BIRGISSON (JÓNSI) s’est fait connaître dans d’autres projets musicaux, que je t’invite à découvrir.

Si tu aimes Ólafur Arnalds, regarde également du côté des délicates et vaporeuses mélodies d’AMIINA. C’est beau et sensible, du miel pour les oreilles. Si tu es plutôt pop/folk, mais toujours tout en simplicité et douceur, tu trouveras peut-être ton bonheur avec SEABEAR. Entre blues, rock et folk, il y a aussi de quoi se régaler chez MUGISON

Quelques autres belles découvertes : MÙM, BANG GANG ou, dans un autre style, FM BELFAST.

Lectures :

Voici une liste choisie d’auteurs ou de bouquins que j’ai lus… ou, surtout, que des avis m’ont donné envie de lire !

Auteurs de romans :

ARNALDUR INDRIÐASON : Le maître du polar islandais ! Je dois avouer que je n’ai pas encore lu de livres de la série du commissaire Erlendur Sveinnson (La cité des jarres, La femme en vert, La voix…) mais je me laisserai probablement tenter dans les prochains mois. Ma seule lecture de cet auteur est atypique : il s’agit d’un court roman intitulé Betty, qui m’a bien plu. Si l’histoire, qui se déroule essentiellement à Reykjavik, est intéressante, c’est surtout la façon dont le lecteur est manipulé qui en fait tout le sel. Je n’en dirai pas plus… 🤫

AUÐUR AVA ÓLAFSDÓTTIR : Délicatesse, tendresse et poésie, ce sont les mots les plus employés pour faire l’éloge des romans de cette auteure (Rosa Candida, Miss Islande, L’exception, L’embellie…), également professeure d’histoire de l’art à l’Université d’Islande. Il ne m’en faut pas plus pour me donner furieusement envie de me plonger dans ses œuvres. Toi aussi ?

JÓN KALMAN STEFÁNSSON : “Poésie”, “introspection”, “amour”,  “envoûtement”, “humanité”, “lumières”, “ténèbres”. Quelle merveilleuse promesse dans ces critiques de l’œuvre de Jón Kalman Stefánsson ! Un jour, je te dirai si ses livres, et notamment sa trilogie (Entre ciel et terre, La Tristesse des anges, Le Cœur de l’homme) étaient, à mes yeux, à la hauteur de cette promesse.

EINAR MÁR GUÐMUNDSSON : Il paraît que Les rois d’Islande est un chef d’œuvre, dont la lecture n’est apparemment pas facile d’accès, mais qui offre une éblouissante galerie de portraits. Il nous embarque dans les aventures d’une famille islandaise et, avec elle, à travers l’histoire du pays. A lire avant de partir à la rencontre de cette île singulière ?

HALLDÓR LAXNESS : Nul doute que La cloche d’Islande raconte, mieux que n’importe quel autre roman, les débuts de l’histoire politique islandaise. Avec la création en 930 après J.-C. de l’Alþing, premier parlement d’Europe, sur le site de Þingvellir.

PIERRE LOTI : Les vagues, les embruns, les rochers, la tempête, le danger, le courage, l’amitié… il me tarde d’aller à la rencontre de ses Pêcheurs d’Islande qui, partis de leur Bretagne natale plusieurs mois dans l’année, s’en vont braver les périls de la mer et risquer leur vie jusqu’au large des côtes islandaises afin de revenir avec leurs filets remplis de morue. Toute la fragilité et la dignité de l’existence, contée dans ce roman culte.

Livres documentaires :

Les Islandais, de Gérard Lemarquis (Lignes de vie d’un peuple, aux éditions Les Ateliers Henri Dougier) : J’aime énormément cette collection. Comme une enquête de terrain, chaque livre va à la rencontre de plusieurs personnalités d’un pays. Mis bout à bout comme dans un puzzle, les fragments des divers entretiens ainsi recueillis (sur des sujets extrêmement variés, d’ordre politique, économique, sociétal, culturel, artistique…) permettent de prendre le pouls d’une société ; d’en dresser un portrait souvent riche et complexe ; de mesurer la vitalité, l’énergie et les tensions qui la traverse. Cette édition islandaise ne fait pas exception. Elle offre au lecteur curieux une belle synthèse sur ce qu’est l’Islande d’aujourd’hui, et sur la manière dont ses habitants la perçoivent. De quoi comprendre un peu mieux cette île avant d’y débarquer. 

Islande (Bibliothèque du voyageur, aux éditions Gallimard) : Cette collection n’est pas à conseiller aux aventuriers en quête d’un guide à emporter avec eux : trop lourd, lecture malaisée, peu d’informations pratiques. En revanche, c’est probablement le seul guide de voyage de langue française qui offre une première approche aussi complète de l’histoire, de la politique, de l’économie et de la culture d’un pays. En l’espèce, c’est une excellente introduction à l’Islande et à ses singularités. Préférer sa version récente et actualisée (2018).

The Sagas of Icelanders, de Jane Smilely (aux éditions Penguin) : Pas lu, mais chaudement recommandable. Pour se familiariser avec les épiques sagas vikings des Islandais.

Livres de photographie :

Islande. Petit atlas hédoniste, de Bertrand Jouanne (textes) et Gunnar Freyr (photographies) : Personnellement, j’ai découvert les photographies de Gunnar Freyr Gunnarsson sur Facebook et Instagram, et j’en suis tout de suite tombée amoureuse. Elles sont toute atmosphère. La brume, le vent, la rudesse des éléments : on peut les sentir à travers chacun de ses clichés. Tout comme ces lumières d’Islande, sans cesse mouvantes, parfois douces, parfois dramatiques, et qui nimbent les paysages, tantôt d’un mystère tenace, tantôt d’une aura étrange. En bref, la magie retranscrite en deux dimensions. Alors forcément, ce livre me fait de l’œil. Si ce n’était pour ma pauvre bibliothèque qui croule déjà sous les piles de bouquins, il y trônerait déjà en bonne place…

Quatre saisons en Islande, d’Olivier Joly (textes et photographies) : Pour l’avoir rapidement feuilleté, les photos sont de toute beauté. Cet ouvrage est le résultat de 8 années d’explorations à travers les grands espaces islandais, souvent hors des sentiers battus, qui auront permis à Olivier Joly de capter, au passage, toutes ces lumières extraordinaires et fugaces qui ont ce don de les embellir encore davantage. Bref, un tel travail est évidemment le fruit d’une longue et méticuleuse préparation. Un jour, j’espère réaliser et publier des clichés aussi magnifiques.

Films :

Cette section pourrait probablement être étoffée… elle le sera peut-être avec le temps, ou grâce à tes suggestions !

La vie rêvée de Walter Mitty (2013), réalisé par Ben Stiller : Bienvenue dans le monde du fantasme et du rêve éveillé. Le protagoniste de ce film, employé de bureau du réputé magazine Life, a cette fâcheuse tendance à rêvasser sa vie plutôt que de la vivre. Jusqu’au jour où… Je ne dévoile pas l’intrigue, mais toujours est-il que ses péripéties l’amèneront notamment en Islande. Et là je me suis surprise, le sourire aux lèvres, à reconnaître quelques-uns des sites magnifiques que j’y ai découverts : Skógafoss,  VatnajökullFjallsárlón, Seydisfjördur, Stikkysholmur, ou encore le superbe Kirkjufell.

Woman at war (2018), réalisé par Benedikt Erlingsson : Depuis sa sortie en salles, l’année de mon voyage en Islande, je me suis jurée de regarder un jour ce thriller écologique qui relate le combat d’une femme contre l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure les paysages de son pays. Tout ceci est une réalité : l’Islande produit chaque année plus d’un milliard de tonnes d’aluminium avec, comme corollaire, une multiplication des barrages hydroélectriques. Je te raconte d’ailleurs sur ce blog comment un projet de barrage a failli détruire la splendide cascade de Gullfoss… Pour ne rien gâcher, le film a été tourné à Þórsmörk, point de départ du fameux trek vers le Landmannalaugar. Un endroit à couper le souffle ! Bref, a priori, que du très bon.

Les Eléphants perdus (2019), réalisé par Claude Andrieux : L’autre film qui me fait de l’œil, depuis que l’amie avec laquelle je suis partie en Islande m’en a parlé. Un jeune contrebassiste, en déprime depuis sa rupture amoureuse, doit rencontrer Björk dans le cadre d’une audition. Il débarque d’un ferry en Islande avec un chauffeur routier au chômage. C’est le début d’un road-movie attachant, plein d’humour et de poésie, et dans lequel les paysages d’Islande sont, semble-t-il, omniprésents. Rien que la bande-annonce nous en dévoile quelques-uns, comme la lagune glaciaire de Jökulsarlon, la cascade de Gufufoss ou la plage de sable noir de Sólheimasandur et sa carcasse d’avion.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *