Tōkyō : le marché aux poissons de Tsukiji

Déambulations dans le marché extérieur de Tsukiji

Ma troisième et dernière journée à Tokyo a débuté dans le plus grand marché aux poissons du monde, le fameux marché de Tsukiji. Il s’agit d’une véritable institution : on y enregistre près de 2 000 tonnes de poisson par jour (plus de 450 espèces du monde entier…) ! Fondé en 1935, il a déménagé depuis octobre 2018 dans un complexe beaucoup plus moderne à Toyosu, afin de laisser place à plusieurs installations en vue des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. J’ai eu donc de la chance de visiter Tsukiji avant son déménagement, lequel a suscité énormément de polémiques.

Je n’ai pas eu le courage de me lever à 2h du matin pour pouvoir assister aux enchères à la criée, mais je me suis réveillée très tôt quand même (vers 5h30), pour arriver sur place vers 7h du matin. Je déambule d’abord parmi les étals du marché extérieur, c’est assez calme mais les acheteurs et les curieux l’ont déjà bien investi. Tout s’est mis en place bien plus tôt, pendant que je dormais encore. Je découvre des étals qui débordent déjà de produits de la mer, de condiments séchés… énormément de choses que je n’arrive pas à identifier. Là encore, le dépaysement est total !

Un extraordinaire petit-déjeuner de sushis frais

En attendant l’ouverture aux visiteurs du marché intérieur à 9h, je me mets en quête du restaurant de sushis qui fait tant parler de lui à Tsukiji, j’ai nommé Daiwa Sushi. Oui, ce matin, je veux absolument déguster un petit-déjeuner de sushis avec du poisson extra-frais, une occasion unique ! Lorsque j’arrive devant le restaurant, il y a déjà une queue assez longue, mais j’étais prévenue. Alors je prends mon mal en patience et environ 1h plus tard, me voici invitée à entrer à l’intérieur.

Attablée au comptoir, les cuisiniers en face de moi m’invitent à commander et je leur montre du doigt la formule qui est affichée à côté d’eux. C’est encore ce qu’il y a de plus facile quand on ne parle pas japonais. Mais ici, ils ont tout prévu pour les touristes étrangers, car le “menu” en question est en fait un assortiment de sushis et de makis qui permet de se familiariser avec une assez grande diversité de saveurs.

Là commence une expérience culinaire hors du commun. Les cuisiniers préparent les pièces devant nos yeux et les servent au fur et à mesure de leur confection. Les sushis ne ressemblent guère à ce qu’on a l’habitude de voir en France, cela n’a même pas grand chose à voir. Ici, peu importe que le morceau de poisson déborde au-dessus du riz, que tout ne soit pas parfaitement esthétique. En revanche, on a droit à un vrai gros morceau de poisson, d’une fraîcheur inégalée. Le goût du poisson, non masqué par les condiments comme cela a tendance à être le cas chez nous, prédomine sur le reste.

Chaque bouchée est une explosion gustative, un régal pour les papilles. Je prends mon temps, je savoure lentement… Il y a du thon rouge, du thon gras “toro” qui fond en bouche, de l’anguille, de l’oursin, de la crevette, de l’omelette sucrée… Difficile de tout reconnaître, mais c’est absolument divin. J’en reprends même quelques pièces en supplément. En bref, un petit-déjeuner extraordinaire !

Plongée immersive dans le marché intérieur de Tsukiji

A l’entrée du marché intérieur, je découvre que celui-ci ne sera ouvert aux visiteurs qu’à partir de 10h. Qu’à cela ne tienne, je décide en attendant d’aller visiter les jardins Hama-Rykyu tout proches. De retour au marché intérieur de Tsukiji vers 10h30, je peux enfin découvrir là où palpite le coeur de ce marché. Un vrai dédale, frénétique et bouillonnant ! A cette heure-là, les marchands remballent déjà leurs produits, font table rase. 

C’est le moment où on range, où on nettoie tout. Les gens s’interpellent, se hèlent. Même si le poisson se fait rare, le ballet des machines et des hommes, perdus dans un amas de polystyrène et des montagnes de bric-à-brac, est fascinant.

Tout le monde s’affaire… ou presque. Certains semblent perdus dans leur réflexion !

Il faut faire attention à ne pas gêner le travail, faire attention où on met les pieds. Ca se bouscule, ça s’entrecroise, ça vit à cent à l’heure. Je passe mon temps à zigzaguer d’une allée à l’autre, à me pousser à gauche ou à droite pour laisser passer un chariot, un palan, etc. Cet endroit est incroyablement vivant.

Tsukiji, toute une expérience ! Malheureusement révolue aujourd’hui, si j’en crois les commentaires sur le nouveau marché de Toyosu. Là-bas, on a soigneusement délimité la promenade des visiteurs, ce qui ne permet plus de véritable immersion 🙁

La suite, c’est ici : Tōkyō : le jardin Hama-Rykyu

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